Poésie et Poèmes: Ecriture Automatique - Poèmes et écrits - Lettres déclarations d'amour


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Poèmes et écrits : Ecriture Automatique
Posté par nanasevens le 10/3/2011 21:11:41 (1225 lectures) Poèmes du même auteur
Poèmes et écrits

Il est dans un macabre sanctuaire de noirceur, un lac de larmes baignant dans la pénombre. Les ombres dansent devant mes yeux comme un voile de fumée qui occultent toute pensée positive. J'erre, doucement, dans ce silence assourdissant, qui vrille mes oreilles tel le cri perçant d'un corbeau...Mes pas me portent, au loin, pou me noyer inexorablement tout au fond de cette tristesse...
Pardon.
J'imagine le soleil sur ma peau, mais je ne ressens que le souffle de ces cris incroyables glissant sur mon âme, l'étouffant peu à peu, ne laissant qu'une enveloppe vide de sens et de paroles, une enveloppe qui suit le mouvement saccadé de toutes ces peines accaparées par des désirs inaccessibles, poursuivant lentement leurs rêves qui s'échappent, toujours et encore...
Et là haut, un homme nous regarde, je vois ses yeux, je sens son regard me transpercer, s'amusant de nos larmes comme on s'amuse de voir une fourmi se noyer... Il observe, insatiable, nos corps trébucher et se relever pour avancer tant bien que mal vers la Fin, cette fin si laide et si destructrice, abysse sans fond qui aspire le peu de vie et de force qu'il nous reste.
Il y a une barque, usée et prenant l'eau, qui flotte au hasard des vents de haine qui souffle dans cette grotte aveugle.
Elle est vide.
Et chacun tend ses bras pour l'atteindre, mais toujours elle se dérobe, glissant entre les doigts au moment où on croit la tenir. Elle fuit, toujours, et je sais pourquoi. L'intérieur doit être si beau... Rempli de choses et de sentiments interdits, d'inaccessible et de couleurs... Tous veulent y prendre place, mais personne ne l'atteint. C'est comme le Graal, une corne d'abondance que même cette boîte de Pandore qui répand ses spectres ne parvient pas à cacher. Et ils se battent, mon Dieu ils se déchirent, s'entretuent et se piétinent pour l'obtenir, cette barque si laide mais qui assurerait abri et réconfort. Ils se poussent, se tirent, s'arrachent et hurlent, tant de bouches ouvertes sur des cris silencieux, cris de haine de devoir patauger lamentablement dans ces larmes de Mille ans... Et moi je suis là, au beau milieu de tout cela, j'essaye simplement de respirer dans ce chaos indescriptible, cette marée d'insectes qu'on aurait jetés au hasard dans du vinaigre. Et je suffoque, j'erre, poussée ici et là par ces bras et ces cris, impuissante. Je ne contrôle rien, je voudrais reculer mais ils m'entraînent vers la Fin, me tailladant au passage... Et personne ne me voit, personne ne me regarde, je croise l'espace d'un instant un regard affolé qui se détourne aussitôt comme on fuit un tabou...
Je ne sais plus quoi faire pour remonter, j'appelle cet homme qui rit là-haut, qui rit de nous voir nous débattre, se délectant de nos peurs comme on le fait d'un festin. Je l'appelle mais il ne m'entend pas, c'est lui qui nous a jetés là, dans cet océan immonde de déchets et de rancoeur, et maintenant il s'en fiche, il me regarde et je suis aveugle, je ne peux plus bouger, pétrifiée, telle une vulgaire statue de cire qui fondrait à vue d'oeil. Il resplendit de haine et de sadisme non contenu, et d'un souffle fait naître une tempête qui éloigne cette barque, cette barque que tout le monde veut à tout prix, sauf moi.
Je veux retourner d'où je viens, je veux émerger de cette masse compacte de terreur et d'avidité, je veux revenir sur la berge, saine et sauve, pour voir le soleil et respirer, enfin...
Je tombe, je me laisse aller, dans cette marée de corps, me laissant entraîner au bon vouloir du destin, et je sombre, je sombre toujours plus bas, bien plus bas que le fond de ce lac détesté. Il fait noir, si noir...

J'ouvre les yeux, horrifiée. Par la fenêtre, les nuages sont bas. Le vent siffle si fort, et l'orage gronde. Il pleut.
J'expire, je ferme les yeux. Sortir d'un cauchemar pour entrer dans un autre.

mon Dieu, cette vie...

Nana Sevens.