
Le coquillage disait à la mer : les vagues déferlent sur mes utopies
J’ai désiré parcourir les ondes fuyantes échouer sur un rivage ambré
J’ai cru jadis en tes promesses fallacieuses susurrées dans un déferlement
Mon destin cèle des chimères serais-je l’apanage du néant ?
Le coquillage disait à la mer : je suis le suborneur des algues
Lorsque ta colère enflamme le crépuscule marin
Elles m’emportent dans une grotte au nom païen
Bercé par des ondes envoûté par leur mélopée je suis géant
Le coquillage disait à la mer oublié du monde salin j’éponge mon ennui
Dans ces eaux troublées par ta main exsangue je suis petit et solitaire
Mes amis les coquillages, les oursins, ont déserté cette planète frigide
Ils habitent un océan rédempteur et cueillent des fleurs ferventes
Le coquillage disait à la mer : je délaisserai tantôt ton lit frileux
La mer répondit : petit coquillage tu me seconderas dans ma tâche universelle
De ce jour le petit coquillage fut l’ombre de l’océan, son émissaire marin
Cette histoire se passa dans des temps immémoriaux je ne m’en souviens plus
Raymonde verney